Prothèses de hanche classiques et prothèses de hanche de resurfaçage

Les prothèses de hanche de resurfaçage constituent une nouvelle génération par rapport aux prothèses totales de hanche classiques.

1. Prothèses de hanche classiques :

1.a. Les prothèses de hanches classiques de première génération sont les prothèses totales de hanche dites « à tige fémorale », cimentées.

Classiquement, elles se composent d'une tige posée dans le fémur et d'une partie se fixant en miroir du côté du bassin ; une pièce intermédiaire relie ces 2 composants pour permettre leur articulation.
Les prothèses totales de hanche sont fixées, dans ce cas, à l'aide d'un ciment biologique.
Leur risque évolutif se caractérise par la survenue potentielle de descellements plusieurs années après, imposant de remplacer la prothèse totale de hanche (reprise de prothèse de hanche). Cette reprise chirurgicale constitue parfois une opération longue et délicate c'est pourquoi ces prothèses totales de hanche cimentées tendent à être remplacées par les prothèses totales de hanche non cimentées dites « à revêtement ».

2.a. Les prothèses totales de hanches classiques de deuxième génération sont les prothèses totales de hanche « à tige fémorale », non cimentées ou à revêtement.

Ces prothèses totales de hanche sont dites « non cimentées » car pour la fixer dans le cotyle et le fémur, il n'y a pas lieu d'utiliser du ciment biologique ; pour qu'elles puissent tenir, elles sont recouvertes par un revêtement particulier qui a les caractéristiques biologiques et mécaniques du tissu osseux : biologique du fait de sa composition moléculaire, l'hydroxyapathite ; et mécanique du fait de sa répartition poreuse similaire aux travées osseuses naturelles (« porous coating ») ; se reporter au chapitre « caractéristiques et modes d'implantation des implants ».

La pièce qui se positionne
dans le cotyle (côté bassin)


La tige qui se positionne dans le fémur
Avec la pièce intermédiaire sur son sommet

La prothèse totalement assemblée

Exemples de Cas Cliniques de prothèses totales de hanche :

1er Cas Clinique de coxarthrose consécutive à une séquelle de bascule congénitale de la tête fémorale (séquelle d'épiphysiolyse) :

Colonne de gauche : avant la pose de la PTH
Colonne de droite : après la pose de la PTH
(ligne du haut : de face / ligne du bas : de profil)

2e Cas Clinique montrant un exemple d'arthrose de la hanche secondaire à une ostéonécrose de la tête fémorale (multiples lacunes dans la tête fémorale) :


La prothèse implantée avec une
reconstitution parfaite de l'articulation

Une photo prise au 15e jour de l'opération :
le patient a une complète autonomie

3e Cas Clinique montrant une Coxarthrose consécutive à un ancien traumatisme :


A gauche de l'image (hanche droite), 2 pathologies sont associées :
1) une séquelle de luxation de hanche (la tête du fémur est ascensionnée de 10 cm au dessus de son emplacement habituel dans le cotyle (partie concave du bassin dans laquelle vient se loger la tête du fémur) ;
2) une séquelle de fracture de l'extrémité du fémur qui, au lieu d'être rectiligne, présente une angulation.


Dans ce cas complexe, il a fallu reconstruire le cotyle à son emplacement habituel, sectionner la zone de l'ancienne fracture puis poser une prothèse fémorale à tige longue pour ponter cette zone.

2. Prothèses de hanche de resurfaçage :

Les prothèses de hanche de resurfaçage constituent la troisième génération des prothèses totales de hanche.

Les prothèses de hanche de resurfaçage sont posées depuis le début des 1990 avec des résultats parfaitement établis (certaines séries parmi d'autres : série de Mac Minn en Angleterre, de Amstutz aux USA, de De Smet en Belgiques...)

Ces prothèses totales de hanche de resurfaçage apportent de nombreux avantages :

  • elles ne remplacent que la surface du cartilage usé, elles ne comportent pas de tige dans le fémur ; la tête fémorale est préservée ; elles constituent donc un traitement relativement conservateur ;
  • elles allient à cette notion de resurfaçage (implants de taille réduite), la notion d'abord chirurgicale moins lourde (avec notamment la voie d'abord antéro-externe de hardinje qui est privilégiée dans cette étude) avec conservation du capital osseux et musculaire ;
  • elles confèrent une stabilité globale immédiate de la fixation de la prothèse et une stabilité dans le temps ;
  • elles offrent un large diamètre des cupules limitant considérablement le risque de luxation ;
  • elles se définissent par un couple de frottement métal-métal qui permet d'éviter les risques d'ostéolyse (par les débris de polyéthylène qui n'est plus utilisé) et les risques de descellement précoce ;
  • elles se caractérisent par des suites opératoires simplifiées et nettement moins douloureuses avec la possibilité de marcher avec un appui complet très rapidement après l'intervention...
  • Leurs indications sont précises ;
  • elles s'adressent aux coxarthroses du sujet relativement jeune (en tout cas, qui a un âge inférieur à celui pour lequel on pose habituellement les prothèses de hanche) ou moins jeune, mais avec une bonne densité osseuse.

Exemple d'une prothèse de resurfaçage

Coxarthrose de la hanche droite (à gauche de la radio)
Radio pré-opératoire

Radio après la pose de la prothèse de resurfaçage

Marche avec un appui complet, sans cannes
au 30e jour après l'intervention

N.B. Ces éléments sont donnés à titre indicatif et peuvent varier d'une personne à l'autre.

Références bibliographiques :

Hip International 2003; 13: 41 - 53
Development of Metal/Metal Hip Resurfacing
D.J.W. McMinn (Royal Orthopaedic Hospital, Birmingham – UK)

Hip International 2002; 12: 158 - 162
Early results of primary Birmingham hip resurfacing using a hybrid metal-on-metal couple
K.A. De Smet*, C. Pattyn1, R. Verdonck
*
*Ghent University Hospital, Ghent – Belgium

Metal-on-Metal hybrid surface arthroplasty: two to six year follow up.
by Harlan C. Amstutz*, M.D.; Paul E. Beaule, M.D., FRCSC; Frederick J. Dorey Ph.D.; Michel J. Le Duff, M.A.; Pat A. Campbell, Ph.D.; Thomas A. Gruen, MS
*Joint Replacement Institute, Los Angeles-USA

Quand et comment opérer les coxarthroses du sujet jeune R. Mosseri – Paris au CONGRES SPORT ET APPAREIL LOCOMOTEUR - 17e JOURNEE DE BICHAT - 13 mars 2004
www.rhumatologie-bichat.com (« Annales Congrès du sport 2004 »)

Copyright © 2006. Toute reproduction interdite.