Le Resurfaçage articulaire de hanche


Une des voies prometteuses d’avenir pour effectuer le Resurfaçage articulaire de hanche consiste à remplacer le cartilage lésé par des cellules cartilagineuses prélevées chez le patient lui-même réalisant une autogreffe. L’extrait de la communication suivante réalise une méthode de travail s’appliquant à diverses articulations :

1. « Resurfacage articulaire par greffe cartilagineuse après mise en culture de chondrocytes autologues ». R.MOSSERI*, Ch DeJAEGER** - Extrait :

Octobre 1996 : Congrès du G.R.E.C.O. (Groupe de recherche en chirurgie orthopédique).

Le procédé consiste à développer un nouveau cartilage Hyalin pour restaurer les surfaces articulaires détruites ou pour combler une perte de substance cartilagineuse.

Le principe consiste à prélever un fragment de cartilage au niveau d'une zone encore épargnée, notamment au niveau de la gorge trochléenne ou au niveau des rampes condyliennes fémorales, de le mettre en culture puis de l'adjoindre à une matrice qui remplacera les surfaces cartilagineuses lésées...
Ainsi, il s'agit d'une greffe de cartilage autologue. Le greffon se définit par l'association de deux composants : la suspension de chrondrocytes (et son substrat) et la matrice.
La survie du chondrocyte est indispensable au maintien des qualités fonctionnelles du substrat, le substrat protège les chondrocytes notamment contre les réactions immunologiques.
Après avoir effectué les prélèvements, les chondrocytes sont isolés (l'isolement se fait à l'aide de Collagénases) dans des conditions strictes utilisant la technique décrite par Klagsburn. Ces chondrocytes sont ensuite placés dans un milieu biocompatible, biodégradable polymérique composé d'acide polyglycolic. Le milieu de culture comporte de l'acide ascorbique 50 Ug/ml, N-glutamine 292 Ug/ml, pénicilline 100 Ug/ml et streptomycine 100 Ug/ml. Il faut définir une durée de prolifération cellulaire jusqu'à obtenir une couche cellulaire homogène. I1 convient d'y adjoindre des facteurs de croissance qui seront à définir ; On obtient ainsi une prolifération chondrocytaire qui formera le substrat pour réaliser une greffe cartilagineuse.
Après plusieurs dédoublements, on obtient un nombre suffisant de chondrocytes que l'on transférera sur un support matriciel avant la réimplantation.
Cette suspension de cellules chondrocytaires sera ensuite appliquée sur les surfaces d'un implant microporeux solide (à base par exemple, d'hydroxyapathite).
Certains principes biomécaniques sont nécessaires à l'élaboration de la matrice ; la congruence articulaire est indispensable pour éviter l'usure mécanique, la matrice doit donc correspondre de façon stricte à la morphologie articulaire de chaque patient ; en sachant qu'il ne faut remplacer que la surface cartilagineuse (l'implant prothétique quel qu'il soit doit détenir un volume le plus réduit possible), un système logiciel peut être réalisé pour transformer une image (notamment radiologique) en un corps tridimensionnel qui sera notre matrice articulaire.
Ces implants chondrocytaires autologues pourront ensuite être implantés sur les surfaces articulaires, préalablement débarrassées des résidus cartilagineux lésés. Jusqu'à présent les lésions cartilagineuses superficielles relevaient d'un avivement selon la technique de Pridie pour favoriser la revascularisation.
Les pertes de substance limitées étaient traitées par une auto-greffe de cartilage (notamment costale) ou de périoste (par exemple, les lésions des articulations digitales peuvent répondre à ce type de traitement). Pour les pertes de substance étendues, seules les allogreffes ostéocartilagineuses peuvent être appliquées (par exemple pour les lésions des plateaux tibiaux ou de la rotule).
Dans un registre différent, les greffes articulaires totales répondent à des lésions traumatiques étendues ou à des pathologies tumorales. Ainsi, cette greffe cartilagineuse, après mise en culture de chondrocytes autologues pourra s'appliquer à ces différentes catégories lésionnelles, cette technique se caractérisera par sa reproductibilité, par sa biotolérabilité (en effet, les risques de rejet seront minimisés du fait de son caractère autologue).
Ultérieurement, la durée de vie de ces greffons pourra être accrue en ajoutant une phase lors de la culture de chondrocytes par le biais d'une dédifférenciation cellulaire.

*Chirurgien orthopédiste – PARIS
**gérontologue - Responsable médical - Clinique Médicale du Château d'herblay 95220

2. Le resurfaçage articulaire de hanche prothétique :

« PROTHESE TOTALE DE HANCHE DESTINEE A ETRE POSEE PAR VOIE ENDO ARTICULAIRE
IMPLANTS ET ANCILLA1RE SPECIFIQUES » Méthode d’approche - R. MOSSERI

Présenté au Congrès GRECO le 24 octobre 1997 (Groupe de recherche en chirurgie orthopédique). Cette technique de pose de prothèse totale de hanche se caractérise par ses Indications, ses objectifs et les moyens utilisés pour appliquer cette technique.
Elle répond aux lésions dégénératives du cartilage articulaire de la hanche sur ses deux versants articulaires cotyloïdien et fémoral.
Les indications concernent la coxarthrose au stade chirurgical, l'ostéonécrose de la tête fémorale lorsqu'elle s'accompagne d'une coxarthrose, les coxites aspetiques hyperalgiques...
Les objectifs de cette technique opératoire répondent aux critères suivants :
II s'agit d'une technique peu invasive, utilisant une voie d'abord à minima permettant de conserver le capital osseux, le capital musculaire, le capital vasculaire et les fonctions biochimiques de l'articulation ; la technique utilisée permet de diminuer la durée de l'intervention, les risques de morbidité per et post-opératoire, la transfusion n'étant plus indispensable ; les différentes étapes permettent une reproductibilité de la technique opératoire.
Les moyens : pour répondre à cette technique, on utilise un ancillaire simplifié permettant d'effectuer les différentes étapes sans tâtonnement ; les implants sont spécifiquement élaborés de façon à être posés par voie endo-articulaire et comportent un encombrement réduit. Ils se caractérisent par les trois composants un cotyle métallique, un insert en polyéthylène et un implant métallique fémoral. La méthode : Pour répondre à l'ensemble des caractéristiques avantageuses précédemment décrites, la méthode utilise une voie d'abord réduite, une dissection très limitée, peu invasive, conservant l'ensemble du capital musculaire et pour une grande partie du capital osseux.
Ces différents implants se caractérisent par une diminution de l'encombrement dans l'espace ; leur morphologie répondant à une portion de sphère ; l'implant fémoral est fixé par un double ancrage.
Ces implants et cet ancillaire sont au stade d'élaboration sous la forme d'un prototype (brevet INPI juin 1996) qui pourra permettre la réalisation des travaux au laboratoire d'anatomie.

3. « Les voies d’abord à minima de la hanche » pour la pose de prothèse de hanche et en particulier le resurfaçage articulaire de hanche

Novembre 2000 - Congrès S.O.F.C.O.T.- G.R.E.C.O. Palais des Congrès – Paris

4. Le resurfaçage articulaire de hanche chez le sujet jeune :


« QUAND ET COMMENT OPERER LES COXARTHROSES DU SUJET JEUNE »

17e journée de Bichat – 13 mars 2004 - Docteur Raphaël MOSSERI

Organisée Par le Dr Thierry BOYER
Service de Rhumatologie de l'Hôpital Bichat
Pr O. MEYER
Sous la présidence du Pr M.F. KAHN
Avec le patronage de
la Société Française de Rhumatologie
la Société Française d'Arthroscopie
et la collaboration de l'INSEP Dr Y. DEMARAIS
Faculté Xavier Bichat - 16 rue Henri Huchard - 75018 PARIS

Extrait :

Certains patients développent prématurément une arthrose de la hanche qui devient très symptomatique bien avant l’âge habituellement constaté pour cette pathologie et de ce fait, il peut exister une certaine réticence à adresser ce patient au chirurgien pour pose d’une prothèse totale de la hanche.
L’arthrose se définit par l’altération du cartilage articulaire, la survenue de lésions osseuses consistant en la formation d'ostéophytose et la formation d’une ostéosclérose, d’une dégradation de l'os caractérisée par la présence de géodes.
Les étiologies se distinguent en coxarthrose primitive et coxarthroses secondaires (voir p.2).
Classiquement, le diagnostic est basé sur la clinique et les radiographies ; toutefois, chez le sujet jeune, l’IRM peut être d’un grand intérêt en montrant des érosions, des ulcérations du cartilage, un amincissement focalisé du cartilage d'encroûtement, un pincement de l'interligne, une lésion associée du bourrelet cotyloïdien, des ostéophytes, des géodes, un épanchement liquidien intra-articulaire, une synovite réactionnelle dite "synovite poubelle", une chondromatose secondaire.
Les traitements chirurgicaux ne s’envisagent que lorsque tous les traitements médicaux n’ont engendré aucune amélioration :

  • conservateurs : les ostéotomies intertrochantériennes dont le principe consiste à placer la surface arthrosique hors de la zone de contrainte articulaire et à corriger la dysplasie fémorale.
  • prothétiques :
    • prothèse totale de hanche à revêtement H.A.P. (hydroxyapathite).
    • prothèse totale de hanche de re-surfaçage ne remplaçant que les surfaces cartilagineuses lésées.

Démonstration de Cas Cliniques (voir p.3).

Cette communication est référencée sur le site www.rhumatologie-bichat.com
(rubrique « Annales Congrès du Sport 2004 »).